SFCO

Revue de littérature - Octobre 2025

Attention, l'article n'est pas en accès libre

The use of oral bisphosphonates in the management of antibiotic refractory secondary chronic osteomyelitis.

Bosov M, Sproat C, Kwok J, Averely M, Collins L, Patel V.

Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol. 2025 Sep;140(3):283-290.

doi: 10.1016/j.oooo.2025.02.015. Epub 2025 Feb 27. PMID: 40393881.

 

Les ostéomyélites chroniques secondaires (SCO) sont des pathologies à la prise en charge complexe. L’étiologie de ces SCO est inconnue, mais plusieurs hypothèses sont avancées : bactériennes (d’origine dentaire ou à distance), auto-immunes, traumatiques, ou ischémiques. Il existe des facteurs prédisposants comme les terrains irradiés, les contextes carcinologiques, l’ostéoporose, l’ostéopétrose ou la maladie de Paget, ainsi que les différentes pathologies altérant le système immunitaire.

Les SCO sont traitées par des antibiothérapies de longues durées, et le recours à des gestes chirurgicaux délabrants peut être indiqué, en absence de réponse favorable aux traitements médicamenteux. L’utilisation de bisphosphonates oraux pourraient permettre d’éviter des traitements chirurgicaux radicaux et constituer une alternative thérapeutique

L’objectif de ce travail réside dans l’analyse de l’usage de bisphosphonates oraux dans le traitement d’ostéomyélites chroniques secondaires réfractaires à l’antibiothérapie.

 

Matériel et méthodes

 

Ce travail est une étude de séries de cas cliniques rétrospectives, dans laquelle 9 patients ont été identifiés comme pouvant répondre aux critères d’inclusion dans un registre de suivi de patients atteints d’ostéomyélite.  Cependant 3 d’entre eux ont été écartés de l’analyse du fait de leur inclusion dans des études précédentes, avec une évolution favorable de l’infection. Six patients diagnostiqués d’une SCO, n’ayant pas répondu aux traitements antibiotiques et refusé le geste chirurgical ont donc été inclus. Les critères de non inclusion ont été les patients souffrant d’une ostéomyélite chronique primaire, ainsi que les patients avec des antécédents de traitements par antirésorptifs osseux (Bisphosphonates et denosumab).

L’alternative au traitement chirurgical a consisté en l’administration de bisphosphonate par voie orale, associée aux traitements antimicrobiens. L’acide alendronique à raison de 70mg par semaine ou de risédronate en cas d’allergie (35mg par semaine) ont été testés sur une durée identique à celle de l’antibiothérapie de 12 semaines, puis poursuivi en fonction de la réponse aux traitements à l’issu des 12 semaines. Aucun geste chirurgical osseux avant, pendant ou après le traitement par bisphosphonate n’a été pratiqué chez ces patients. Seul une prise en charge médicamenteuse a été suivie.

Un suivi régulier a été instauré à 1mois, puis tous les 3 mois après le début du protocole. Des examens radiologiques en complément des examens cliniques recherchant la présence de signes infectieux ont été pratiqués pour évaluer l’évolution du processus pathologique.

 

Résultats & Discussion

 

Les six patients ont préalablement été traités par une antibiothérapie avant de débuter la prise de bisphosphonates. Les durées de l’antibiothérapie n’ont pas été similaires pour tous les patients. Ces six patients ont continué de présenter une symptomatologie et des signes infectieux malgré les thérapeutiques antimicrobiennes associées aux antalgiques. L’administration d’acide alendronique à raison de 70mg, une fois par semaine a été alors réalisée entre 2019 et 2024, avec des durées de traitements comprises entre 1 et 15 mois. Pour l’ensemble du groupe de 6 patients, les bisphosphonates ont été administrés durant 4 semaines en association avec l’antibiothérapie, et maintenues jusqu’à l’obtention d’une réponse positive aux traitements.

Tous les patients ont présenté une résolution des symptômes douloureux après les 4ères semaines.

Un patient a présenté une résolution de tous les symptômes, avec confirmation radiologiques re de la résolution de la SCO à 3 mois.

Trois patients ont reçu des bisphosphonates durant 9 à 15 mois et un patient en continu.

Cinq patients ont vu une résolution complète de la maladie. Un patient n’a présenté aucun signe infectieux ou de nécrose, mais la réalisation de prélèvements osseux au cours de sa réhabilitation implantaire a objectivé la présence d’os sclérotique.

Cette analyse montre un taux de succès de 80% dans la résolution du processus pathologique, en associant un traitement par bisphosphonate conjointement à la prise d’une antibiothérapie. Cette thérapeutique pourrait constituer une alternative aux traitements chirurgicaux, cependant le nombre de cas analysé est fort faible.