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Quizz diagnostic

Dernier cas

  • UNE DRÔLE DE JOUE ? Dr. Anne-Gaëlle Chaux, MCU-PH, faculté d'Odontologie et Centre Léon Bérard. Lyon
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    Motif de la consultation

    Une patiente de 76 ans a consulté pour une gêne au niveau de la face interne de la joue gauche.

    Histoire de la maladie

    Depuis plusieurs mois, la patiente se plaignait d’une gêne à l’alimentation et présentait des douleurs (EN=5/10) lors de la prise de certains aliments. Elle nous a dit présenter une perte de poids dans les 6 derniers mois de 3 kg.

    Interrogatoire

    Elle présentait une hypertension artérielle de grade 1 (14/8) surveillée et un tabagisme stoppé il y a 12 ans (24 paquets/année)

    Examen clinique

    L’examen clinique a retrouvé cette volumineuse lésion bourgeonnante de la face interne de joue, débordant en fond de vestibule et sur les faces occlusales des prémolaires et molaires.

    Examens paracliniques

    Deux biopsies ont été réalisées en régions jugale postérieure et antérosupérieure. Elles ont retrouvé une hyperacanthose, une papillomatose et une hyperkératose marquée. Les mitoses étaient rares, de même que les anomalies cyto-nucléaires et la membrane basale respectée sur les deux échantillons biopsiques.

    Quel est votre diagnostic ?

    A. carcinome épidermoïde
    B. lichen plan
    C. leucoplasie verruqueuse proliférative
    D. morsure

    Synthèse

    Réponse : C La leucoplasie verruqueuse proliférative se manifeste dans la majorité des cas à un âge avancé (âge moyen dans la septième décennie) avec une forte prédominance féminine. Les faces internes des joues sont touchées dans plus de 50% des cas. L’étiologie de la LVP n’est toujours pas complètement élucidée, mais une implication du papillomavirus humain (HPV) est suspectée, alors que celle du tabac semble éliminée. Le risque de transformation maligne est important (plus de 25% en carcinomes verruqueux et plus de 60% en carcinomes épidermoïdes). Le traitement de la LVP est peu efficace, avec une récidive dans 80% des cas. L’exérèse la plus complète est recommandée et une surveillance régulière permet de détecter d’éventuelles récidive ou transformation. Les autres diagnostics peuvent être éliminés car : • Pour le carcinome épidermoïde : l’aspect clinique typique à un stade évolué est celui d’une ulcération plus ou moins creusante, irrégulière, avec des bords surélevés. Une forme végétante pouvait ici être évoquée. Toutefois, l’anatomopathologie du carcinome épidermoïde retrouve une OIN (oral intraépithélial neoplasia) plus ou moins marquée, et rapidement un franchissement de la membrane basale par des cellules atypiques et des altérations chorioniques. Il existe aussi de très nombreuses mitoses. • Pour le lichen plan, la forme verruqueuse pourrait porter à confusion. Histologiquement on retrouve un infiltrat sous épithélial à prédominance lymphocytaire, détruisant les couches épithéliales profondes et induisant une apoptose des kératinocytes. Le lien entre lichen oral hyperkératosique et LVP est encore mal compris. • Pour la morsure (lésion traumatique), l’aspect clinique est généralement différent, avec une ou plusieurs ulcérations, à bords éventuellement surélevés et kératosiques, mais cette aspect « framboisé ». L’anatomopathologie ne retrouve pas d’hyperacanthose.